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LA CHAPELLE DE SAINT PIERRE DE CASTRES

par Jean-Pierre PLESSIS

 

1. Situation
Sur la partie occidentale du Plateau de Lacau
Altitude : 242 m.
Totalité de la surface sur la commune de TRESQUES. Chemin d'accès Sud sur celle de LAUDUN.

Le plateau de Saint Pierre est constitué de calcaires gréseux du Turonien (Crétacé Supérieur).
Les escarpements rocheux qui l'entourent en font une place forte idéale.
Un poste de guet permettait de surveiller l'axe de circulation N-S desservant Bagnols sur Cèze (dont nous sommes à 4,5 km).
On y trouve donc naturellement, à l'entrée Est, un oppidum gaulois qui profitait déjà de cette position stratégique.

2. Histoire
Dès l'âge du fer, des chemins muletiers traversaient la région. L'un d'entre eux est l'un des chemins dits " du sel "(camins saliniers), il partait de Villeneuve les Maguelone, délaissait sur sa gauche Montpellier pour prendre la direction de Lunel Viel, Aubord et Bezouce. Il traversait Remoulins pour se diriger vers Pont Saint Esprit et devait passer par ici.

Les voies romaines succédèrent à ces sentiers dont elles emprunteront le tracé. A l'époque gallo romaine, le Plateau veillera sur celle de Nimes à Vaison la Romaine (cité des Voconces). De Nimes,la route des Voconces,se dirigeait vers Remoulins,puis vers Valliguières, Pouzilhac, Gaujac pour traverser la Tave au gué de la Resse, près de Tresques. On retrouve trace de ces passages au Chemin de la Traversière (lieu dit Grange Blanche). La voie se poursuivait ensuite vers Bagnols , Pont et ensuite vers Lyon ( Chemin Romain de Lyon). Une autre voie, la route des Helviens (ancêtres des Ardéchois), bifurquait vers le Nord-Ouest. La période gallo romaine s'achève au IV° siècle après J-C.

Le réseau routier romain favorise malheureusement l'invasion des barbares en Septimanie. Pendant 250 ans, les invasions successives l’utiliseront.

Au VII° siècle les premiers couvents s'implantent sur le modèle organisationnel rural de la villa romaine qui vit en autarcie, sans contact avec les autochtones. Ces moines sont soumis à la règle de Saint Benoit. Pour avoir accès à des matières premières indispensables, ils créent des annexes à leurs couvents qui constituent des relais près des axes routiers dont ils maîtrisent le trafic.

Au XI° siècle, on assiste à une évolution de la fonction des annexes. D'une activité saisonnière, ne nécessitant donc pas une présence permanente des moines, elles deviennent, en raison de la transformation du paysage rural, de la renaissance de la foi, du regroupement des autochtones autour des édifices conventuels, des centres maintenant une installation durable des moines.

3. La Chapelle
Le mystère de la dépendance hiérarchique de la chapelle demeure en raison de la destruction par le feu, des archives bénédictines de Pont.

Cependant, une tradition veut que les moines bénédictins aient participé activement à l'assèchement des étangs d'Aigremont, la Capelle et Tresques et à la mise en culture des terres jadis submergées. Ils seraient aussi les fondateurs des églises de Saint Loup et de

Connaux qui devinrent plus tard les sièges de prieurés. (la chapelle Sainte Madeleine, dite « des pêcheurs », en raison de la présence de l'Etang de Tresques, serait également leur oeuvre). Il n’en demeure que les vestiges d’une crypte.

Le vocable de Saint Pierre serait lié, d'après les historiens, à la célébration, jusqu'au milieu de XIX ° siècle, d'une fête qui se célébrait le 1° Août sur le plateau de Lacau et qui commémorait les liens de Saint Pierre (enchaîné 9 mois à la prison Mamertine à Rome avant d'être crucifié la tête en bas) une confrérie de Saint Pierre es liens est connue à Connaux pour veiller sur le sanctuaire à cette époque.

4. Repères chronologiques
Août 948 : Géraud, fils du vicomte d'Uzès décide d'embrasser la vie monastique en abandonnant ses biens à Cluny, qui envoie une colonie de moines fonder Saint Saturnin du Port.

12 septembre 1265: Procès verbal de la pose de la première pierre du Pont de Saint Saturnin du Port. Parmi les personnes présentes se trouve GUILLELMUS ILLARIS,PRIOR DE LODONI prieur responsable des deux chapelles du Camp de César : Saint Jean de Rouzigues ( ou de Todon) et Saint Pierre de Castres. Avec lui on note également celle d’ANDREAS DE VERMELLIS, Prieur de Gajan qui pouvait également exercer des droits sur Saint Pierre de Castres

1374: Saint Pierre de Castres est placé sous l'autorité du réfectorier de saint Saturnin du Port.

1385 :La mise en commende du monastère de Saint Pierre de Pont entraîne des transformations dans le patrimoine religieux et des désordres dans les monastères qui s'accentueront en conflits ultérieurs avec les troupes protestantes du baron des Adrets (1562)

MARS 1629 : la peste va ravager Laudun pendant 8 mois. Les Récollets de Bagnols se réfugient à Saint Pierre de Castres, où la chapelle est transformée en lieu de quarantaine. Après cette période, on constate l'abandon par les bénédictins de cette chapelle. Elle restera un lieu privilégié de retraite pour les Récollets et les personnes éprises de solitude

1845 : interdiction par l'abbé GONNET, curé de Connaux et desservant de Saint Pierre de Castres, des manifestations religieuses, malgré cette interdiction, des pèlerinages se poursuivront jusqu’en 1880, ainsi qu'en témoigne le Père LAURENS dont la grand’ mère avait participé à la fête de Saint Pierre aux Liens le 1° Août de cette année là.

1985 : L'association des Amis de Saint Pierre de Castres, sous l'impulsion de Pierre MICHEL, se crée. Elle a pour but de conserver la chapelle en entreprenant les travaux nécessaires. Depuis cette date, une fête réunit chaque année, pour Saint Pierre aux Liens, en juin, les Amis de Saint Pierre de Castres et tous ceux qui veulent les rejoindre.

1987. Restauration du clocher et d'une partie de la toiture et de l'abside.

2000. Réfection du pavement

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